lundi 1 juin 2015

Pour éduquer il faut comprendre...

Devenir parent est un défi. Parfois facile, parfois difficile. Cependant, chaque parent souhaite que son enfant se développe le plus harmonieusement possible. Voici donc une liste d'étapes de développements importantes dont on doit tenir compte quand on éduque un enfant.


0-2 ANS: LA PHASE DU « NON » ET DU « MOI TOUT SEUL »
Bien qu’on appelle cette période la «phase d’affirmation», c’est en disant «non» la plupart du temps et en s’opposant que l’enfant la vivra. Il peut même se montrer très autoritaire. Cette étape survient habituellement entre 18 mois et 3 ans. La première fonction de l’opposition dans le développement de l’enfant est de lui permettre d’affirmer son individualité. L’expression « moi tout seul » qui revient continuellement dans la bouche de l’enfant témoigne de son besoin d’autonomie. L’expression « c’est à moi » est tout aussi fréquente et révèle son incapacité à partager. À cet âge, il est incapable de choisir entre 2 alternatives. Il commence à craindre les nouvelles situations. Jusqu’à 2 ans, la discipline sera bien limitée.
Certains enfants vivront cette phase normale de développement de façon spectaculaire, avec crises d’opposition, coups, cris, pleurs. En Amérique du nord on parle du « Terrible Two ». D’autres la vivront moins intensément, mais elle est à peu près présente chez la plupart des enfants même si paradoxalement, l’enfant peut se montrer timide, il recule, il avance…Parfois on sent qu’elle se prolonge…ou qu’elle revient. Mais pour la plupart de nos enfants, elle s’estompera, on retrouvera une belle harmonie et on oubliera vite la terreur qu’elle semait. Plus loin on verra qu’au-delà de 4 ans, il faudra affirmer un « non » franc à ce « non » de l’enfant qui s’oppose. Ajoutons toutefois qu’une phase d’opposition normale réapparaîtra à l’adolescence pour les mêmes raisons : besoin d’affirmation de l’adolescent, besoin de confronter ses opinions distinctes avec celles de ses parents, besoin d’autonomie qui l’amènera à être adulte.

3-4 ANS: L’ENFANT TOUT PUISSANT
Le sentiment de toute-puissance est un stade normal du développement de l’enfant de moins de 4 ans; il est encore souvent méconnu de la majorité des parents. Intervenir sévèrement en ignorant le phénomène peut avoir des conséquences sur l’estime de soi de l’enfant. Il est pourtant plus facile de gérer et d’éduquer l’enfant en décryptant correctement cette phase parfois difficile à supporter pour le parent. Chez le tout jeune enfant, il s'agit d'une phase d'éveil et de prise de connaissance des limites physiques et comportementales liées au monde qui l'entoure. Généralement, dès l’entrée en maternelle, avec les interactions plus fréquentes avec les pairs cette toute puissance disparaît, sauf si le parent la glorifie. Au-delà de 5 ans, si elle perdure, il faudra activement intervenir. L’affectivité imprègne toute la personnalité de l’enfant. A cet âge il l’exprime surtout à travers sa motricité, à travers le jeu, à travers le dessin.

4-5 ANS: POURQUOI MAMAN?
Autour de 4 ans, l’enfant devient soudainement insatiable sur le plan intellectuel : « Pourquoi ceci? Pourquoi cela? ». Les pourquoi se succèdent, les questions, parfois saugrenues, parfois sans réponse, n’en finissent plus. Et la plupart du temps, chaque explication génère une nouvelle question, et la valse des pourquoi recommence! Parfois ces questions prennent l’allure de harcèlement, on ne sait plus jusqu’où ce petit peut aller. C’est pourtant une étape normale de son développement intellectuel. Il veut tout comprendre, tout saisir, il est plus curieux que jamais, et cette curiosité toute nouvelle témoigne de sa récente ouverture au monde. Il importe de lui donner des réponses simples et aussi directes que possible. 
Il peut arriver que notre grand(e) nous assaille de « Pourquoi » à toutes les fois que nous lui demandons quelque chose. Nous disons « Va te mettre en pyjama », il répond « pourquoi? ».Ces « pourquoi »là n’ont pas lieu d’être; il faut les stopper. Ils constituent pour l’enfant, une tentative de mettre notre demande en échec. Nous laissons alors place à l’argumentation. Si nous répondons : « Parce qu’il est assez tard », il risque de nous retourner : « mais hier il était plus tard que ça, pourquoi pas ce soir ». Pour moi, il y a des « Pourquoi » qui n’ont absolument pas besoin de réponse.


6-11 ANS: LA PÉRIODE DE PRODUCTIVITÉ
C’est pour cette tranche d’âge que la plupart des recommandations sont données ici. C’est aussi l’âge des patients pour lesquels je suis le plus souvent intervenue auprès de leurs parents. 

Entre 6 et 11 ans, l’enfant acquiert les habiletés au travail. C’est la période la plus forte de l’apprentissage scolaire. L’enfant découvre ses forces et faiblesses ; il commence à se comparer aux autres ; il constate les différences et peut en souffrir. Il est donc important de découvrir ce qui l’afflige (ses parents sont séparés ? il souffre d’un surplus de poids ? il éprouve des difficultés scolaires ? il se croit le souffre-douleur de la classe ou il l’est vraiment ?…) avant d’intervenir sur des comportements qu’on souhaiterait lui voir modifier. Quelques jalons ci-dessous nous permettront de mieux saisir ce qu’on est en droit d’attendre de l’enfant mais aussi les limites que son développement nous impose . Il faut bien sûr relativiser ces étapes de développement qui peuvent se retrouver à des âges plus ou moins similaires avec des manifestations variables selon la personnalité de l’enfant.

À 6 -7 ans l’enfant se montre parfois hésitant, indécis (incapable de choisir), il passe d’un extrême à l’autre (colère, gentillesse), il devient plus introverti, plus rêveur et plus capable d’auto-critique. Il peut aussi être impulsif et inconstant, il se perçoit le centre de l’univers. Ses comportements commencent toutefois à être de plus en plus socialisés : il respecte les autres, il prend conscience de leurs qualités; il commence à collaborer, il se préoccupe d’autrui. Un équilibre entre ses dispositions et les exigences de son milieu s’établit.

À 8-9 ans l’enfant devient plus extraverti, c’est l’âge où il se fait plein d’amis; il préfère échanger avec ses pairs de même sexe, car il commence à faire une discrimination entre les garçons et les filles (pour les filles, les garçons sont cons; pour les garçons, les filles sont braillardes). Il est réaliste et il a du bon sens; il est assoiffé de connaissances et préfère élaborer des projets plutôt que de jouer; il désire améliorer ses capacités. À cet âge, l’enfant découvre ses droits mais il commence à sortir de son égocentrisme et à se mettre à la place de l’autre parce qu’il saisit ses émotions. Il s’identifie au groupe de son âge et commence à se détacher de sa famille.

C’est vers 10-11 ans, que l’enfant découvre un idéal, qu’il peut développer un culte pour une « idole ». Il partage des secrets avec ses amis auxquels il accorde de plus en plus d’importance. Il est conscient de sa personne, ses vêtements, son look... La coopération est à son maximum, il est plein d’ardeur et rempli d’enthousiasme. Il devient beaucoup plus autonome. C’est à cet âge que l’enfant dénonce la tricherie, le mensonge; il a développé un haut sens de justice.


11-12 ANS LE DÉBUT DE L’ADOLESCENCE
Si, jusqu’à 11 ans environ, l’enfant avait répondu, ou du moins tenté de répondre au désir de l’adulte, à partir de 11-12 ans, un changement radical s’opère. Il est rempli d’émotions souvent contradictoires. L’exagération dans les récriminations, les discussions, les injures, les cris, les réponses grossières marquent l’éveil de l’adolescence; le jeune interpelle plutôt qu’il ne répond; la situation est parfois difficile avec les parents parce qu’il s’éloigne progressivement de la famille. L’adolescent aide quand ça lui plait, il fait tout ce qu’il veut, il réagit fort quand on crie après lui, il n’admet pas la critique des adultes mais il plie sous celle de ses pairs. À partir de 12-ans il mène une vie sociale intense. C’est l’âge où chacun donne au groupe tout ce que le groupe attend de lui. Les groupes se forment avec des règles à respecter par tous et possibilité d’exclusion si elles ne sont pas respectées.

Dans notre prochain blogue, nous verrons quelques problématiques qui peuvent survenir au niveau de l'éducation de l'enfant ainsi que les solutions possibles.

Ce texte est tiré du livre de madame Francine Lussier, neuropsychologue 
Mon enfant est difficile, concrètement que faire?

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