mardi 8 septembre 2015

Mon enfant a-t-il besoin d'orthopédagogie ?

La rééducation
L'objectif principal de la rééducation orthopédagogique est de permettre à un enfant ou à un jeune présentant une difficulté ou un trouble d'apprentissage d'optimiser son potentiel de développement établi en fonction de ses besoins spécifiques.

Il est nécessaire d'accorder une place importante à la personnalisation du suivi en fonction des difficultés et surtout des forces de l’enfant.

Les bénéfices possibles - Pour les enfants
  • Impact positif sur l’estime de soi;
  • Compréhension de ses forces et de ses faiblesses;
  • Établissement d’une relation de confiance avec une personne ressource connaissant bien la problématique;
  • Établissement d’un lien positif avec du matériel scolaire et pédagogique;
  • Acquisition de stratégies d’études et de révision;
  • Acquisition des notions (lecture, écriture, calculs, résolutions de problèmes, etc.) par des méthodes adaptées aux caractéristiques de l’enfant;
  • Soutien et préparation à la passation d’épreuves ministérielles ou d’examens.
Les bénéfices possibles  - pour les parents
  • Soutien aux parents;
  • Apporte un soutien et une aide à la communication entre le parent et l’école;
  • Guide et conseille les parents au niveau de la gestion des devoirs et de l’étude;
  • Modèle d’intervention adéquat à utiliser avec l’enfant;
  • Diminue la tension et les conflits reliés à la problématique.


Les principaux motifs de consultation pour les enfants en orthopédagogie 
  • Difficultés en lecture (ex. : lire des syllabes, lire des mots, comprendre des textes plus complexes, résumer des livres, etc.)
  • Difficulté en écriture (ex. : écrire tous les sons dans les mots, séparer les mots aux bons endroits, accords grammaticaux, orthographe d’usage, construction de phrases, productions écrites, autocorrection, utilisation d’outils technologiques d’aide à l’écriture, etc.)
  • Difficulté en mathématique (ex. : lire, écrire ou représenter des nombres; les tables de multiplication, les fractions, les nombres décimaux, les pourcentages,, la géométrie, l’organisation visuospatiale, etc.)
  • Difficulté en résolution de problèmes (ex. : comprendre l’énoncé, représenter le problème, trouver le concept sous-jacent, etc.)
  • Difficulté de stratégies de mémorisation, etc.)
  • Difficulté durant les devoirs (ex. : trop de devoirs, désorganisation, relations tendues parents-enfants, etc.)
  • Difficulté de communication entre les parents et l’école (ex. : mise en place d’aide spécifique en classe)
  • Difficulté de comportement entravant la réussite scolaire (ex. : opposition, fermeture, provocation, etc.)
Vous souhaitez avoir plus d'informations concernant la rééducation au CENOP ? N'hésitez pas à nous contacter.


jeudi 27 août 2015

La dyscalculie, c’est plus que de ne pas être bon en maths...suite

Lors de notre précédent blogue, nous avons parler de la dyscalculie. Voici la suite à ce sujet...

Les manifestations de la Dyscalculie
Si l’on observe des difficultés importantes en mathématiques chez un enfant, si l’enfant refuse catégoriquement ou évite les activités reliées aux mathématiques, s’il prend plus de temps, beaucoup plus de temps, pour compléter ses devoirs et ses leçons en mathématiques ou pour apprendre ses tables, si les efforts déployés sont considérables et dépassent ceux normalement requis et qu’en plus, son rendement scolaire est en-deça de celui attendu, il est possible qu’il souffre de dyscalculie.

Concrètement, on essaiera d’observer la présence de certaines manifestations dès le préscolaire :

  •  Difficulté à apprendre la comptine des nombres
  •  Erreurs lors du dénombrement (i.e., compter des objets en les pointant un à un)
  •  Difficultés à compter sur ses doigts
  •  Difficultés à mémoriser les faits arithmétiques (les tables)
  •  Erreurs et lenteur en calcul
  •  Erreurs de lecture de nombres (10 025 lu « cent vint-cinq »)
  •  Erreurs en dictée de nombres (six cent quatre-vingt écrit « 6420 »)
  •  Difficultés de comparaison de nombres (< , >)
  •  Difficulté à estimer la réponse d’un calcul



Les enfants ayant une dyscalculie ont des difficultés sévères dans la production et/ou la compréhension des quantités, des symboles numériques, des opérations arithmétiques. Ils ont du mal à faire toutes les étapes d’une procédure de calcul, à savoir quelle opération employer après la lecture d’une situation problème.





En même temps, deux enfants dyscalculiques peuvent être très différents l’un de l’autre.
Je pense que mon enfant est dyscalculique : Que puis-je faire? Qui aller voir?
Tout problème en mathématiques n’est pas forcément un trouble d’apprentissage, pas forcément une dyscalculie. Si un enfant éprouve des difficultés d’apprentissage qui nuisent à son évolution, à son estime de soi ou à ses relations avec les autres, il est important d’en comprendre la nature et leur origine. Cela nous permet de lui fournir les services dont il a besoin et qui pourront l’aider dans ses apprentissages et son cheminement futur.

Le rôle du neuropsychologue
Le neuropsychologue a comme objectif d’investiguer les relations entre les apprentissages, le cerveau et le comportement. Lorsqu’on croit que son enfant souffre de dyscalculie, il est important de s’assurer de consulter un neuropsychologue pédiatrique qui connaît bien les troubles d’apprentissage, et plus particulièrement la dyscalculie. Le neuropsychologue investiguera les différentes sphères des mathématiques afin d’établir s’il y a ou non présence d’une dyscalculie et examinera s’il y a d’autres déficits associés (trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité –TDA/H-, syndrome de dysfonctions non-verbales – SDNV -, trouble dysexécutif, dyslexie, dysorthographie, etc.). Il évaluera donc l’ensemble des sphères cognitives tout en portant une attention particulière aux compétences du domaine des mathématiques.

Son évaluation l’amènera à poser, ou non, un diagnostic de dyscalculie : est-ce que les problèmes en mathématiques vécus par l’enfant découlent d’une dyscalculie ou d’un autre trouble? C’est le rôle du neuropsychologue de répondre à cette question. Le diagnostic de dyscalculie s’établit, en partie, en comparant le niveau de compétences en mathématiques au fonctionnement intellectuel de l’enfant, à son âge et à l’enseignement reçu, en considérant les variables socioculturelles, sa langue et son sexe. Le neuropsychologue s’attardera aussi à examiner la nature des erreurs commises par le jeune.

Peu importe la conclusion, le neuropsychologue guidera les parents dans leur compréhension des difficultés de leur enfant afin que des mesures soient mises en place pour soutenir ses apprentissages scolaires et ses activités quotidiennes. Il fournira des pistes d’intervention à appliquer à la maison ainsi qu’à l’école en considérant le profil cognitif global de l’enfant, entre autres s’il y a d’autres déficits cognitifs en comorbidité (TDAH, dyslexie, etc.). Il orientera les parents vers les services de rééducation appropriés selon les besoins de l’enfant, généralement en séances individuelles : orthopédagogie, ergothérapie, orthophonie, etc.

En plus des services de rééducation ou d’intervention, l’évaluation neuropsychologique permettra d’informer les intervenants scolaires et les parents des mesures d’adaptation qui peuvent être mises en place pour pallier la dyscalculie. Il n’y a pas de remède, mais il y a beaucoup à faire pour aider la personne dyscalculique à être le plus autonome possible en mathématiques, tant à l’école, dans son milieu de travail que dans sa vie courante.

Par Eliane Chevrier, neuropsychologue et propriétaire-associée du CENOP

dimanche 9 août 2015

La dyscalculie, c'est plus que de ne pas être bon en maths

La dyscalculie, par Eliane Chevrier, Ph.D
Neuropsychologue et propriétaire-associée au CENOP

Lorsqu’on aborde les mathématiques avec les parents, ils font souvent une remarque comme quoi « C’est tellement compliqué les maths! ». Et ils ont en partie raison. Pour réussir en mathématiques, il faut savoir compter, calculer, mesurer, comparer, raisonner, expliquer, déduire, intégrer,… Plusieurs enfants, dans leur carrière d’élève puis d’étudiant, auront un jour ou l’autre des difficultés avec un aspect des mathématiques. Pour d’autres, dès le début de leurs apprentissages, ils auront du mal à saisir le sens du nombre. Ils traîneront les mathématiques comme un boulet et ne sauront comment pallier leurs difficultés. Et ils deviendront peut-être anxieux. Parfois, même les enseignants et les orthopédagogues ne sauront comment les aider. Peut-être sont-ils dyscalculiques? Comment le sait-on? Qui peut nous aider? Qu’est-ce que la dyscalculie?

La Dyscalculie : Définition
À ce jour, il n’existe pas de définition consensuelle de ce qu’est la dyscalculie, certains utilisant le terme trouble du calcul, d’autres troubles spécifiques de l’arithmétique ou encore trouble spécifique d’apprentissages des mathématiques. Néanmoins, chercheurs et cliniciens s’entendent pour dire que la dyscalculie est un trouble neurodéveloppemental, c’est-à-dire d’origine biologique. Cela signifie qu’elle serait conséquente à un dysfonctionnement de certaines régions du cerveau. Les dernières études pointent le cortex pariétal comme étant le « siège » de la conscience des nombres.

Des recherches récentes montrent qu’une altération du fonctionnement de certaines zones du cortex pariétal empêcherait le développement du sens du nombre et génèrerait un déficit spécifique du traitement numérique. Le sens du nombre est une capacité qui se développerait de façon innée. Le sens du nombre nous permet de savoir qu’une quantité est plus grande qu’une autre. Il s’agit de la capacité de comparer des nombres entre eux pour décider, très rapidement, lequel est le plus grand des deux. Cela nous permet de situer des chiffres sur une droite numérique, réelle ou imaginaire.

Pour plusieurs auteurs, ces atteintes 1) du sens du nombre et 2) du traitement numérique entraînent la dyscalculie. La dyscalculie est caractérisée par une difficulté à apprendre les faits arithmétiques, à les rappeler et à calculer. La plupart des enfants dyscalculiques éprouvent de sévères difficultés à appliquer les procédures de calcul et utilisent de mauvaises stratégies en résolution de problèmes.

Prévalence
On estime qu’il y aurait entre 3% et 8% des enfants qui seraient dyscalculiques, la proportion variant selon les critères diagnostiques utilisés.

La Dyscalculie est un Trouble spécifique d’apprentissage, ce n’est pas un retard
Tout au long de sa vie, une personne, enfant ou adulte, peut vivre une difficulté ou un retard d’apprentissage. Il s’agit d’une période transitoire où l’on éprouve des difficultés à comprendre ou mémoriser de nouveaux apprentissages et à obtenir de bons résultats. La source de la difficulté peut être environnementale (problèmes familiaux, conflits avec les pairs, évènement bouleversant, période de stress, etc.) ou reliée à une notion particulière à l’étude. Par exemple, un étudiant réussit en calcul et en géométrie, mais ne parvient pas à comprendre les fractions. Ce retard ponctuel dans les apprentissages s’estompe avec le temps. Il se peut tout de même qu’il faille mettre plus de temps, plus d’étude ou qu’il faille offrir du soutien particulier pour surmonter une difficulté d’apprentissage (tuteur, aide aux devoirs, orthopédagogue, etc.).

Lorsqu’on parle d’un trouble d’apprentissage spécifique, comme la dyscalculie, il s’agit d’une atteinte permanente d’origine neurologique. On dit « permanente » parce que, bien que la sévérité du trouble puisse s’amenuiser avec le temps, les problèmes ne disparaîtront pas, même si de la rééducation spécialisée est offerte, par exemple en orthopédagogie. On dit d’ailleurs qu’un trouble d’apprentissage est résistant aux interventions. Les manifestations de la dyscalculie varieront au fil des ans. Certaines difficultés finiront par s’estomper (par exemple, les problèmes de comptage ou les erreurs de dictée de nombres), mais immanquablement, elles feront place à d’autres problèmes en mathématiques (par exemple en calcul mental, pour arrondir des nombres ou estimer des quantités).

Conséquemment, les jeunes souffrant de dyscalculie ont du mal à utiliser les nombres dans leur quotidien : suivre une recette en respectant les quantités, calculer à quelle heure partir pour ne pas manquer l’autobus, découper la bonne grandeur de papier pour emballer un cadeau, estimer la monnaie qui devrait nous être rendue, etc. Ils apprendront à compter et à calculer mais ce sera toujours au prix d’un effort considérable, d’un temps d’exécution plus long qu’attendu et ils commettront des erreurs; c’est ce qu’on observe chez les adolescents dyscalculiques.

Dans un prochain blogue, nous verrons plus en détail les manifestations de la dyscalculie.

mercredi 15 juillet 2015

Le PIFAM... vous connaissez ??

Saviez-vous que...

Le TDAH est le plus diagnostiqué de tous les troubles durant l’enfance. Il touche entre 3 et 10% de la clientèle scolaire en Amérique du Nord et atteint trois fois plus de garçons que de filles (Barkley, 1997, 1998). Les premiers symptômes cliniques apparaissent vers 3 ou 4 ans mais c’est l’arrivée en milieu scolaire qui signe la véritable explosion des comportements dérangeants. Dans le DSM-IV, le TDAH s’inscrit dans le cadre des troubles perturbateurs avec les troubles oppositionnels et le trouble des conduites 

Le DSM-IV reconnaît trois principaux types de TDAH selon que les enfants présentent un tableau avec prédominance d’impulsivité et d’hyperactivité, ou prédominance d’inattention ou un tableau mixte d’impulsivité/hyperactivité avec trouble d’attention. Dans la CIM-10, les troubles hyperkinétiques sont regroupés avec les troubles des comportements et les troubles émotionnels. L’hyperkinésie est caractérisée dans ce modèle par une tendance à passer d’une activité à l’autre sans en terminer aucune, associée à une agitation motrice et à une impulsivité continuelle. Les enfants hyperkinétiques y sont décrits comme souvent imprudents et toujours impulsifs ; ils ont des problèmes avec la discipline parce qu’ils ne respectent pas les règles. Ils sont irréfléchis, désinhibés et n’ont pas de retenue. Leurs activités sont désordonnées, incoordonnées et excessives. Ils sont mal acceptés des autres enfants. On note souvent une altération des fonctions cognitives, des retards de développement de la motricité et du langage, un comportement dyssocial ou une perte de l’estime de soi (CIM-10,1995). Cette description recoupe tout à fait les critères diagnostics des Types I et II du DSM-IV. Le trouble d’attention par contre est répertorié dans «Autres troubles précisés du comportement et troubles émotionnels apparaissant habituellement durant l’enfance et l’adolescence» mais les symptômes n’en sont pas décrits dans la CIM-10.

Le TDAH perdure dans 50 à 80% des cas à l’adolescence et même dans 30 à 50% de l’échantillon initial à l’âge adulte (Barkley, 1997). Le TDAH constitue un facteur de risques pour développer des troubles d’apprentissage , des faibles performances scolaires, un taux élevé d’échecs et d’abandons scolaires ; les suspensions et expulsions sont plus fréquentes chez les enfants et adolescents souffrant du TDAH. Leurs relations sociales et familiales sont pauvres, ils peuvent développer des problèmes de conduite, de délinquance et de polytoxicomanie . Ils sont plus sujets aux accidents et aux violations du code routier ; quand ils sont plus vieux, on constate plus d’échecs de mariage et une instabilité d’emploi.

Il existe cependant des solutions...


Ce programme offert au CENOP vise donc à développer les compétences suivantes :

  1. Le contrôle de l’impulsivité;
  2. La résistance à la distraction;
  3. La flexibilité mentale et l’imagination;
  4. Les stratégies de mémorisation;
  5. La capacité de planifier son travail;
  6. L’organisation de son temps et de sa pensée;
  7. Le respect de soi et des autres.
Les objectif de ce programme sont le développement des habiletés d’auto-régulation comportementales et cognitives ainsi que de nouvelles façons de réfléchir et d’appréhender le monde. 

Les données scientifiques actuelles indiquent que le fait d’intervenir sur certaines fonctions mentales entraînerait une amélioration sensible du fonctionnement global des jeunes atteints de TDA/H ou d’autres formes de déficits des fonctions exécutives.

Cet atelier donne au jeune des compétences qui lui seront utiles à l'école (concentration, mémorisation), pour les devoirs (organisation, planification), et dans ses relations sociales (impulsivité, respect des autres).

Notre prochain groupe débutera en septembre, informez-vous rapidement !!


jeudi 2 juillet 2015

Quelques astuces pour aider votre jeune ayant un TDA-H

Votre enfant a eu un diagnostic de TDAH ? Vous avez besoin de trucs et d'astuces ? Voici quelques idées qui pourront vous aider.

Modifiez ou aménagez l’environnement pour contrer les manifestations du TDA/H
Il ne vous viendrait pas à l’idée de vous limiter à interdire à votre poupon de 1 an, qui marche pourtant déjà bien, de ne pas traverser la rue sans prendre les moyens nécessaires pour l’en empêcher. Pourquoi ? Parce qu’il est trop petit.  Et, bien qu’il comprenne clairement cette phrase « Ne traverse pas la rue », vous savez bien que dans peu de temps, il aurait oublié et vous ne prendriez jamais cette chance-là sans avoir pris le soin de placer une clôture pour limiter son espace de déplacement ou sans rester là à le surveiller. Dites-vous que pour plusieurs consignes pourtant claires que vous aurez données à un enfant qui souffre d’un TDA/H, il en oubliera de très nombreuses à cause de son déficit d’attention. Et si vous voulez respecter votre ligne de conduite en matière de discipline, il faudrait immédiatement réagir : votre jeune aurait sans doute bien trop souvent de conséquences. Alors il faut définitivement limiter les occasions de se faire punir. Par exemple :
  • Si un enfant se chamaille toujours avec son frère pour le même jeu, ranger le jeu, faites-le disparaître ou instituez une règle qui accorde à chacun sa journée (chacun son tour laisse trop de latitude) ;
  • Si c’est chaque fois la bataille pour qu’il s’occupe de son petit animal, rapportez celui-ci à l’animalerie 
  • Si l’enfant se désorganise toujours quand tel ami est présent, il faut peut-être diminuer la fréquence des visites avec cet ami ou mieux contrôler les activités entre les deux enfants quand cet ami vient à la maison ;
  • Choisir le moment propice pour lui demander d’exécuter une tâche que vous savez délicate pour lui
  • Enlever ce qui peut être source de conflit ou de distraction quand c’est possible…
Établir un système d’émulation
Un système d’émulation est une façon d’encourager un bon comportement. Par exemple, quand on veut stimuler la cueillette de fond ou de denrées non périssables à la veille de Noël pour donner aux familles dans le besoin, on dessinera un thermomètre indiquant l’atteinte de notre objectif avec le mercure qu’on ajoute à mesure qu’entre l’argent ou la collecte des denrées. C’est souvent un très bon moyen pour encourager notre enfant à maintenir les comportements qu’on attend de lui.

On fixe des objectifs simples au sujet d’un comportement à améliorer ou à bannir, clairement identifié et facile à mettre en œuvre. Par exemple, «être plus gentil avec sa sœur» n’est pas précis puisqu’«être gentil avec sa sœur» ne signifie rien pour l’enfant. En revanche, « Partager mes jouets avec ma sœur » ou « Ne pas crier après ma sœur »,  constituent des comportements concrets puisqu’on peut apposer une étoile ou mettre un crochet chaque fois que le comportement est émis. Avec un enfant qui a un TDA/H, c’est plus souvent les comportements à bannir qui nous préoccupent. Il faut donc y aller très progressivement, un comportement à la fois, généralement celui qui nous irrite le plus. Il faut aussi savoir que même avec ce système, si efficace soit-il, l’intérêt pour la récompense s’émousse rapidement comme pour toutes les autres activités qu’on propose à ces enfants. Il faut régulièrement changer de stratégie d’émulation, faire des pauses pour un temps et revenir avec un nouveau système de récompenses ou parfois de conséquences.


Afficher clairement la durée d’une activité ou la quantité de travaux à exécuter

Une des grandes difficultés de l’enfant impulsif est d’estimer la durée d’une activité ou d’un événement. Le temps alloué sur son jeu vidéo lui paraît toujours trop court alors que le temps pour terminer ses devoirs s’avère toujours trop long. C’est souvent à cause de cette mauvaise gestion interne du temps que les crises explosent. Il doit donc savoir à l’avance à quoi s’attendre. Utiliser un compteur à rebours ou Time-Timer  pour visualiser le temps qui lui reste lui permettra d’anticiper la fin progressivement.  On peut aussi lui indiquer qu’il pourra faire trois parties avant le dîner, mais qu’il devra s’arrêter sitôt après s’il veut pouvoir retourner à son jeu après le repas. Il devra faire cinq des 10 exercices de mathématiques maintenant, mais devra faire les cinq autres après une pause (limitée dans le temps ou durant laquelle il pourra faire tel jeu, tant de fois).


Si vous vous apprêtez à lui demander une corvée qu’il n’aime pas faire, suggérez-lui un temps fixé d’avance, et revenez à la charge plus tard pour poursuivre la tâche en fixant un nouvel objectif. Il est parfois nécessaire de découper la tâche en plusieurs petites parties : dire à l’enfant «range ta chambre» peut constituer un défi insurmontable pour lui. Déterminer des petits objectifs («met ton linge au lavage, range ton jeu de Lego, place tes cartes dans ton album, fais ton lit, passe le ballai», etc.) qu’on aligne sur une liste peut au contraire être perçu comme un jeu si on s’amuse à lui faire deviner laquelle de ces activités prendra le moins de temps et que l’on chronomètre chacune d’elles pour valider son jugement.

Prévenir ou gérer les crises et l’obstination 
L’enfant qui souffre de TDA/H exprime souvent une franche opposition en défiant toute autorité par des comportements hostiles face aux demandes, en argumentant, en criant des insultes, en brisant des objets. Parfois, au contraire, il offre une opposition passive par une nonchalance, une léthargie, une lenteur à répondre à la demande qui irrite tout autant le requérant. Il faut donc prévenir les dérapages par des avertissements bien ciblés qui seront maintenus en tout temps et en tout lieu. On doit essayer de ne pas perdre patience et demeurer maître de nous-mêmes, cesser d’argumenter pour expliquer nos décisions et permettre ainsi à la querelle verbale de s’éteindre.

Quand une crise survient, et que, malgré notre tentative de résoudre le conflit, la crise s’aggrave, il faut prévoir un lieu d’isolement. Non pas nécessairement un lieu de punition, mais un endroit où l’enfant pourra retrouver son calme avant de poursuivre son activité. Ce pourrait être sa chambre, dans laquelle il pourra faire à loisir une activité qui le divertira de sa colère et retrouver un confort intérieur qui lui permettra ensuite de s’excuser et de revenir à l’activité sans perdre la face.


On peut aussi décider d’un lieu bien connu de l’enfant, un lieu de « pause », une chaise dans un coin par exemple, et l’y envoyer chaque fois qu’il se désorganise en le maintenant assis pour une durée déterminée (on recommande une minute par année d’âge, par exemple, à 4 ans,  4 minutes). Après la pause, on demande à l’enfant s’il est prêt à revoir sa conduite, sinon, on maintient la consigne pour une autre « pause » jusqu’à ce qu’il accepte d’obtempérer. S’il refuse de rester assis sur la chaise, on l’y retient bras croisés devant lui et ses mains retenues par vous derrière la chaise jusqu’à ce qu’il consente de lui-même à respecter la pause pour la durée indiquée. La pause peut être utilisée chaque fois que l’enfant a un mauvais comportement (faire mal aux autres, briser un objet, etc.).

Quand on  prévoit sortir avec l’enfant dans un lieu public ou en visite, on l’informe d’avance des limites qu’on exige de lui (par exemple,il ne devra toucher à rien, on n’achètera rien pour lui dans un magasin, il devra rester à portée de vue…). On lui demande de répéter les consignes (pas plus de trois à la fois) et on l’informe tout de suite des conséquences qu’il encoure s’il ne s’y conforme pas et de la permission qu’il se méritera s’il se conduit convenablement. On prévoit aussi un lieu et un temps d’arrêt même dans un lieu public ou encore la possibilité de le retourner dans la voiture avec l’autre parent si celui-ci est présent en l’informant que, la prochaine fois, il sera privé d’une telle sortie

Ces quelques trucs simples favoriseront une meilleure harmonie familiale et une meilleure estime de soi pour votre jeune.

Merci à madame Francine Lussier pour sa participation à ce blogue, en tant qu'auteure.

Blogue par CENOP FL. Fourni par Blogger.

Membres

Rechercher dans ce blog

Chargement...