vendredi 22 mai 2015

La dyslexie ou lorsque les mots s'emmêlent

La dyslexie est un trouble persistant de l’acquisition et de l’automatisation de la lecture. Ce trouble affecte la vitesse et la précision en lecture. Il engendre donc souvent une lecture imprécise qui nuit grandement à la compréhension. Ces atteintes s’accompagnent toujours de difficultés en écriture, correspondant souvent à un trouble de l’écriture (dysorthographie) qui peuvent rendre très ardu le cheminement scolaire de ces jeunes partout où la lecture et l’écriture sont sollicitées (français, mais aussi mathématiques, sciences, histoire, etc.).
Il faut savoir que les enfants qui présentent ce trouble ont malgré tout de grandes forces cognitives sur lesquelles ils peuvent s’appuyer afin de développer des stratégies de travail pour compenser leurs lacunes. 


Voici un bref aperçu des types de dyslexies recensés à ce jour

Dyslexie phonologique (voie d’assemblage)
La dyslexie phonologique se caractérise par un trouble du décodage, soit de la correspondance graphèmes-phonèmes (correspondance du son écrit au son oral). L’enfant peut alors omettre des sons, inverser la séquence des sons à l’intérieur d’un mot et même changer un son pour un autre. Les difficultés soulevées par ce type de dyslexie peuvent amener l’enfant à vouloir deviner les mots. Au lieu de lire le mot syllabe par syllabe, il tente de le lire dans son ensemble en se fiant à certains repères graphiques ou sémantiques (sens) (ex.: premier pour promenade, chat pour chien). Ce type de dyslexie entraîne souvent une lecture impulsive et imprécise ou au contraire extrêmement lente.

Dyslexie lexicale (voie d’adressage)
La dyslexie lexicale se caractérise par une difficulté importante à reconnaître les mots dans leur globalité. L’enfant peine donc à lire les mots irréguliers tel que femme, monsieur, fusil, etc.. puisqu’il tente constamment de les décoder syllabe par syllabe. Comme il arrive difficilement à garder les mots en mémoire, il peut buter même devant des mots réguliers ou fréquents puisqu’il lit ces derniers comme s’il les voyait pour la première fois même si ce n’est pas le cas. Ce type de dyslexie entraîne souvent une lecture très lente et laborieuse où la recherche de sens est pratiquement absente.

Dyslexie mixte
La dyslexie mixte se caractérise par des difficultés autant au niveau du décodage qu’au niveau de la reconnaissance visuelle des mots dans leur ensemble. Ce type de dyslexie rend la lecture très laborieuse pour l’enfant qui n’est à l’aise dans aucune des voies qu’un lecteur doit emprunter (assemblage, adressage) .

Les manifestations
  • Omission, substitution et inversion de sons dans les mots (ex.: page pour plage, poulet pour poulain, foule pour flou);
  • Confusion entre les lettres miroirs (b/d, p/q) et les sons proches (ch/j, d/t);
  • Difficultés importantes au niveau du décodage (lecture lente et saccadée);
  • Devine parfois les mots en se fiant aux premières lettres ou encore en se fiant au sens de la phrase;
  • Difficulté à reconnaître les mots dans leur ensemble;
  • Difficulté à lire les mots irréguliers (ex.: monsieur, fils, femme, etc.);
  • Saute les petits mots de relation et de liaison dans les phrases;
  • Compréhension de lecture difficile puisque l’enfant est centré sur le décodage;
  • Grande fatigabilité lors d’une tâche de lecture.
Plusieurs stratégies peuvent être mises en place afin de favoriser la réussite scolaire de votre enfant, malgré la dyslexie. Nous en parlerons dans un prochain blogue.

dimanche 10 mai 2015

Vous avez dit dyscalculie ?


Saviez-vous que la dyscalculie est un trouble persistant et spécifique de l’apprentissage du nombre et du calcul qui se caractérise par de grandes difficultés dans le domaine des mathématiques ?

Les enfants qui souffrent de ce trouble peinent à traiter les nombres (reconnaître et produire les chiffres, passer de l’oral à l’écrit, etc.), à mémoriser les tables (addition, soustraction, multiplication et division) et à calculer (difficultés à effectuer de simples opérations qu’ils peuvent confondre les unes avec les autres) et à comprendre ce qu’est un nombre (comprendre le lien entre le symbole et la quantité).

Votre enfant veut toujours garder ses devoirs de mathématiques pour la fin. Chaque fois qu’il aperçoit son cahier, on voit son visage se crisper et l’appréhension l’envahir. Il sait qu’il devra encore une fois faire face à ses difficultés…

Face à deux petites résolutions de problème, il est tout de suite découragé. La compréhension des problèmes est laborieuse et il a toujours de la difficulté à reformuler le problème dans ses mots puisqu’il jongle mal avec le jargon mathématique. De plus, il peine à se concentrer sur la tâche et a constamment envie de la fuir! Il se demande ensuite : dois-je faire une addition? Dois-je faire une division? Une soustraction? Il n’en est jamais certain! Une fois qu’il est décidé, horreur!!! Il ne se rappelle plus quelle est la démarche pour effectuer sa soustraction. Il n’arrive donc plus à se rappeler ce que donne 10-6. Vous vous sentez découragé et ne savez plus comment l’aider.

Lorsque votre enfant doit réviser ses tables de multiplication, c’est la catastrophe! Les petites réussites d’hier sont devenues des échecs aujourd’hui. Alors que 6X6=36 était maîtrisé hier, aujourd’hui il ne l’est plus! C’est pratiquement en pleur que se termine toujours cette révision pénible des tables. À chaque fois, votre enfant ne peut s’empêcher de se dévaloriser. Il se décourage, ne veut plus rien tenter et demain tout est à recommencer...

Les enfants qui vivent avec la dyscalculie ont de la:

  • Difficulté lors du dénombrement et utilisation fréquente des doigts ou autres objets pour compter;
  • Difficulté à lire et à écrire des nombres (lire 26 pour 62, écrire 707 pour 77, lire 6 pour 9, etc.);
  • Difficulté à effectuer des opérations arithmétiques;
  • Difficulté à retenir les tables de multiplication;
  • Difficulté à saisir et à utiliser les termes mathématiques (la différence, la somme, la quantité, plus que, moins que, deux fois plus que, etc.);
  • Difficulté à comprendre les énoncés de problèmes mathématiques;
  • Difficulté à gérer l’argent;
  • Orientation visuo-spatiale déficitaire (difficulté à s’orienter dans l’espace);
  • Problèmes en géométrie.
Enfin, il est important de savoir qu'il existe des solutions pour aider votre enfant. N'hésitez pas à nous contacter pour les connaître.

dimanche 3 mai 2015

Intervention et rééducation : quel est le rôle de chacun ?

Vous vivez une situation difficile avec votre enfant ? Vous avez des questions ? Votre jeune a des difficultés au niveau de ses apprentissages ? Vous vous questionnez sur certains comportements de votre jeune ? Savez-vous que nous pouvons probablement vous aider ? Consultez notre équipe et obtenez des réponses et du soutien pour le mieux-être de votre famille.



Orthopédagogues
Nos orthopédagogues apportent une aide spécifique aux enfants du primaire, du secondaire ou du collégial qui éprouvent des difficultés d'adaptation ou d'apprentissage. Ces dernières interviennent de façon individuelle auprès de votre enfant en vue de faciliter ou de revoir l’apprentissage de certaines notions et de rééduquer, au besoin, des troubles spécifiques d’apprentissage (comme par exemple la dyslexie/ dysorthographie). Pour se faire, elles identifient les difficultés de l’enfant (difficulté de lecture/écriture, raisonnement mathématiques, difficultés d’organisation et de planification, gestion de l’étude, etc.) afin d'établir un plan d’action adapté à leurs besoins. 

Une grande importance est également accordée au soutien des parents et à une collaboration avec les enseignants. Nos orthopédagogues sont également outillées pour guider et conseiller les parents en matière d'équipement, de matériel didactique ou d'aménagement de locaux. Les suivis s’effectuent généralement à raison d’une heure par semaine et suivent un horaire fixe établi selon les disponibilités des parents et de leurs enfants.

Orthophonistes
Nos orthophonistes s'occupent du dépistage, du diagnostic, du traitement et de la prévention des troubles de la parole, de la voix, du langage et des fonctions de communication. À l'aide de tests et d'observations, elles évaluent la nature, l'étendue et la gravité des troubles (dyslexie, dysorthographie, dysphasie, défaut d'articulation, bégaiement, etc.) puis conçoivent et appliquent un plan d'intervention adapté aux caractéristiques de l’enfant. 

Elles offrent du soutien aux parents, les informent du traitement, sollicitent leur collaboration pour maintenir ou améliorer les capacités de communication de leurs enfants et leurs interventions visent à favoriser l'intégration sociale, scolaire ou professionnelle de ces derniers. Les suivis s’effectuent généralement à raison d’une heure par semaine et suivent un horaire fixe établi selon les disponibilités des parents et de leurs enfants.

Psychoéducateur
Le psychoéducateur faisant partie de notre équipe offre des services d'évaluation, de consultation, d'intervention préventive et de rééducation auprès des enfants et des parents d’enfants présentant des problèmes d'adaptation reliés plus précisément à l’anxiété. Il établit avec les parents un plan d'intervention et intervient auprès de ces derniers afin de les accompagner et de les soutenir dans leurs efforts de réadaptation et favoriser ainsi l’apprentissage de nouvelles compétences et de nouveaux comportements chez leurs enfants. Les suivis s’effectuent au besoin selon les problématiques pour lesquelles vous désirez du soutien.

Psychologues et neuropsychologues
Lors de suivis individualisés, ces professionnels vous aideront à développer de nouvelles manières d’organiser l’information pour l’enfant ou encore de vous outiller dans la gestion des conflits et des comportements.




samedi 25 avril 2015

Le syndrome Gilles de la Tourette c'est beaucoup plus que des tics !

Le syndrome de Gilles de la Tourette (SGT), est une affection qui doit son nom au neurologue français Georges Gilles de la Tourette qui a été le premier à le décrire. Il se caractérise par des tics moteurs et des tics vocaux qui se développent durant l’enfance et persistent toute la vie. En plus des tics, le SGT est souvent associé à d’autres manifestations telles que des troubles obsessionnels compulsifs (TOC), des difficultés attentionnelles, des difficultés d’apprentissage et des problèmes de comportement (hyperactivité, agressivité) qui nuisent au fonctionnement scolaire et social du jeune.

La présence de tics moteurs simples (un seul groupe musculaire impliqué), complexes (plusieurs groupes musculaires impliqués) ou organisés (succession stéréotypée de gestes) et d’au moins un tic sonore simple (bruits avec la gorge, la bouche, la langue ou le nez), complexe (émissions sonores) ou organisé (verbalisation, obscènes ou non) doit être observée pour poser un diagnostic psychologique de SGT. De plus, les tics moteurs doivent obligatoirement être présents depuis au moins un an.

Voici quelques exemples de tics pouvant être observés :

  • Tics moteurs : clignement des yeux, grimaces, sauter comme une grenouille, secouer la tête de façon saccadée, se mordiller les lèvres, etc.
  • Tics sonores : saper, renifler, se racler la gorge, interjection, bégayer, injurier, menacer verbalement les autres.
Mais le SGT, c'est beaucoup plus que des tics. L’enfant atteint  présente souvent d’autres manifestations encore plus dérangeantes que les tics.

Par exemple :
  • Il est inattentif en classe parce qu’il peut être obsédé par une question qui l’habite;
  • Il provoque les autres, manipule les intervenants, se défile de ses responsabilités (« Ce n’est pas moi, c’est l’autre! »);
  • Il prend plus de temps que les autres pour terminer ses travaux;
  • Il ne sait pas s’organiser;
  • Il est souvent marginalisé ou provoque lui-même des conflits qui repoussent les autres;
  • Il fait des crises explosives à la moindre contrariété.
Dès lors, il est facile d'imaginer la complexité pour éduquer un jeune ayant un syndrome Gilles de la Tourette. Voici quelques règles à ne pas oublier...
  • Bien encadrer l'enfant
  • Avoir des exigences claires, constantes mais souples
  • Limiter les choix
  • Diminuer les interactions avec les pairs
Enfin, il est pertinent de se demander si les symptômes du SGT s'aggravent en vieillissant ?
Règle générale, les premiers symptômes du SGT font leur apparition plus clairement vers l'âge de 6 ou 7 ans. En rétrospective, les parents relatent plusieurs symptômes qu'ils avaient remarqués en bas âge. Les tics moteurs et vocaux apparaissent et disparaissent durant le décours de la maladie. 

Ils sont généralement exacerbés par les périodes de grand stress; ils sont plus présents à la veille de grands événements (Noël, la rentrée scolaire, la fin de l'année…) ou à la suite d'événements traumatiques (la séparation des parents, le décès d'une grand-mère, une hospitalisation…). 

La période la plus intense aussi bien pour les tics que pour l'expression des comorbidités se situe dans la plus part des cas entre 9 et 13 ans. Vers la fin de l'adolescence, les symptômes s'atténuent progressivement et les jeunes adultes parviennent généralement à les contrôler en public.

Enfin, mentionnons qu'une évaluation neuropsychologique pouvant établir un diagnostic ainsi que des recommandations spécifiques au jeune sont très souvent l'amorce du processus de mieux-être.

dimanche 19 avril 2015

Connaissez-vous le syndrome de dysfonction non-verbal ?

Le syndrome de dysfonction non-verbale (SDNV), récemment mis en évidence par les neuropsychologues, présente de multiples manifestations dans différentes sphères : cognitives, académiques et sociales. Dans la vie scolaire, ce trouble d’apprentissage touche de façon plus spécifique les mathématiques; cependant les enfants qui en sont atteints sont généralement plus marginalisés par leur mésadaptation socio-affective que par leurs difficultés scolaires. Comme son nom l’indique, ce syndrome affecte principalement les habiletés non-verbales de la personne telles que l’analyse et le raisonnement visuo-spatial (définition), l’attention et la mémoire non‑verbales, mais aussi l’expression et l’interprétation d’émotions.


Ce syndrome a été décrit, semble-t-il, pour la première fois par Johnson et Myklebust en 1967, comme une forme particulière de trouble d’apprentissage , nécessitant une approche rééducative très spécifique.

En voici les principales manifestations
Sphère cognitive

  • La motricité fine peut se développer plus lentement que ses pairs;
  • L’attention et la mémoire visuelles sont habituellement moins efficaces que l’attention et la mémoire auditives ou verbales.
Sphère académique
  • Difficultés grapho-motrices. Au début du primaire, ceci se traduit par une difficulté au niveau de l’écriture (calligraphie); l’enfant écrit lentement, tient son crayon de façon bizarre, a de la difficulté à tracer les lettres (souvent plusieurs traits pour former une lettre). Ce retard se rattrape habituellement dans la deuxième partie du primaire après beaucoup de pratique;
  • L’enfant fait des fautes d’orthographe qui sont presque exclusivement de nature éidétique, c’est à dire qu’il se fie à la prononciation (le son) et non à l’orthographe réelle du mot (ex.: “oto” = “auto”);
  • Il a des difficultés en mathématiques, généralement plus au niveau procédural qu’en calcul mental;
  • Il se fie beaucoup au langage pour apprendre et obtenir des informations sur ce qui l’entoure plutôt que d’expérimenter par lui-même en touchant ou en regardant. Il pose donc beaucoup de questions.
Sphère sociale
  • Il parvient difficilement à faire semblant, à mimer sans parler. Il peut avoir des comportements non verbaux inappropriés ou absents (ex.: mauvaise posture, manque d’expression faciale et corporelle, intonation monocorde, etc.);
  • Il parle beaucoup et souvent de façon inappropriée au contexte. 
Malheureusement, les enfants qui présentent un tel syndrome sont rarement référés en psychologie pour troubles d’apprentissage. Leurs attitudes, par contre, sont souvent problématiques au niveau de leurs contacts relationnels et plus ces enfants avancent en âge plus ils peuvent devenir conscients et même souffrants de leur marginalité.

Au plan scolaire l'éducation d'un enfant SDNV s'avère également plus difficile. Ceci provient souvent du fait que les éducateurs et les enseignants demeurent généralement sous l'impression qu'un enfant qui a appris plutôt facilement à lire et à écrire, ce qui est le cas pour la plupart d'entre eux, ne peut présenter des difficultés d'apprentissage. En raison de ce fait , ces enfants sont rarement identifiés dans les classes comme présentant des besoins particuliers. Or, il est essentiel qu'il reçoivent précocement une rééducation, incluant aussi le domaine pédagogique.

Voici quelques pistes d'intervention afin d'aider un enfant ayant un syndrome de dysfonction non-verbal

1) Observer attentivement le comportement de l'enfant, en présence d'une situation nouvelle ou complexe;

2) Adopter une attitude réaliste;

3) Utiliser un enseignement très systématique et séquentiel (étape par étape);

4) Encourager l'enfant à décrire en détails les événements importants de sa vie;

5) Enseigner à l'enfant les moyens appropriés pour faire face aux situations qui se révèlent problématiques pour lui de façon quotidienne;

6) Encourager la généralisation des stratégies apprises ainsi que des concepts;

7) Enseigner à l'enfant à utiliser un langage de plus en plus approprié aux situations;

8) Enseigner à l'enfant à utiliser au maximum ce qui lui reste de compétences dans le registre visuo-spatial;

9) Enseigner à l'enfant à interpréter correctement ce qu'il voit et ceci même lorsque l'information verbale lui est disponible en même temps;

10) Enseigner des attitudes non-verbales appropriées;

11) Faciliter des interactions structurées entre l'enfant et les autres;

12) Promouvoir, encourager et guider l'enfant dans le choix d'activités exploratoires systématiques;

13) Apprendre à l'enfant à utiliser des aides techniques appropriées à son âge;

14) Aider l'enfant à différencier les situations où il pourrait se sentir en difficulté de celles où il est à l'aise;

15) S'assurer que tous ceux qui œuvrent auprès de l'enfant puissent harmoniser leur compréhension de ses besoins et leur savoir-faire dans leurs interventions;

16) Offrir une pédagogie adaptée à ses besoins dès le cours primaire;

17) Reconnaître l'importance du rôle d'un thérapeute dans la préparation du sujet SDNV à la vie d'adulte.

Vous souhaitez en connaître davantage sur le SDNV, n'hésitez pas à nous contacter.
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