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jeudi 2 juillet 2015

Quelques astuces pour aider votre jeune ayant un TDA-H

Votre enfant a eu un diagnostic de TDAH ? Vous avez besoin de trucs et d'astuces ? Voici quelques idées qui pourront vous aider.

Modifiez ou aménagez l’environnement pour contrer les manifestations du TDA/H
Il ne vous viendrait pas à l’idée de vous limiter à interdire à votre poupon de 1 an, qui marche pourtant déjà bien, de ne pas traverser la rue sans prendre les moyens nécessaires pour l’en empêcher. Pourquoi ? Parce qu’il est trop petit.  Et, bien qu’il comprenne clairement cette phrase « Ne traverse pas la rue », vous savez bien que dans peu de temps, il aurait oublié et vous ne prendriez jamais cette chance-là sans avoir pris le soin de placer une clôture pour limiter son espace de déplacement ou sans rester là à le surveiller. Dites-vous que pour plusieurs consignes pourtant claires que vous aurez données à un enfant qui souffre d’un TDA/H, il en oubliera de très nombreuses à cause de son déficit d’attention. Et si vous voulez respecter votre ligne de conduite en matière de discipline, il faudrait immédiatement réagir : votre jeune aurait sans doute bien trop souvent de conséquences. Alors il faut définitivement limiter les occasions de se faire punir. Par exemple :
  • Si un enfant se chamaille toujours avec son frère pour le même jeu, ranger le jeu, faites-le disparaître ou instituez une règle qui accorde à chacun sa journée (chacun son tour laisse trop de latitude) ;
  • Si c’est chaque fois la bataille pour qu’il s’occupe de son petit animal, rapportez celui-ci à l’animalerie 
  • Si l’enfant se désorganise toujours quand tel ami est présent, il faut peut-être diminuer la fréquence des visites avec cet ami ou mieux contrôler les activités entre les deux enfants quand cet ami vient à la maison ;
  • Choisir le moment propice pour lui demander d’exécuter une tâche que vous savez délicate pour lui
  • Enlever ce qui peut être source de conflit ou de distraction quand c’est possible…
Établir un système d’émulation
Un système d’émulation est une façon d’encourager un bon comportement. Par exemple, quand on veut stimuler la cueillette de fond ou de denrées non périssables à la veille de Noël pour donner aux familles dans le besoin, on dessinera un thermomètre indiquant l’atteinte de notre objectif avec le mercure qu’on ajoute à mesure qu’entre l’argent ou la collecte des denrées. C’est souvent un très bon moyen pour encourager notre enfant à maintenir les comportements qu’on attend de lui.

On fixe des objectifs simples au sujet d’un comportement à améliorer ou à bannir, clairement identifié et facile à mettre en œuvre. Par exemple, «être plus gentil avec sa sœur» n’est pas précis puisqu’«être gentil avec sa sœur» ne signifie rien pour l’enfant. En revanche, « Partager mes jouets avec ma sœur » ou « Ne pas crier après ma sœur »,  constituent des comportements concrets puisqu’on peut apposer une étoile ou mettre un crochet chaque fois que le comportement est émis. Avec un enfant qui a un TDA/H, c’est plus souvent les comportements à bannir qui nous préoccupent. Il faut donc y aller très progressivement, un comportement à la fois, généralement celui qui nous irrite le plus. Il faut aussi savoir que même avec ce système, si efficace soit-il, l’intérêt pour la récompense s’émousse rapidement comme pour toutes les autres activités qu’on propose à ces enfants. Il faut régulièrement changer de stratégie d’émulation, faire des pauses pour un temps et revenir avec un nouveau système de récompenses ou parfois de conséquences.


Afficher clairement la durée d’une activité ou la quantité de travaux à exécuter

Une des grandes difficultés de l’enfant impulsif est d’estimer la durée d’une activité ou d’un événement. Le temps alloué sur son jeu vidéo lui paraît toujours trop court alors que le temps pour terminer ses devoirs s’avère toujours trop long. C’est souvent à cause de cette mauvaise gestion interne du temps que les crises explosent. Il doit donc savoir à l’avance à quoi s’attendre. Utiliser un compteur à rebours ou Time-Timer  pour visualiser le temps qui lui reste lui permettra d’anticiper la fin progressivement.  On peut aussi lui indiquer qu’il pourra faire trois parties avant le dîner, mais qu’il devra s’arrêter sitôt après s’il veut pouvoir retourner à son jeu après le repas. Il devra faire cinq des 10 exercices de mathématiques maintenant, mais devra faire les cinq autres après une pause (limitée dans le temps ou durant laquelle il pourra faire tel jeu, tant de fois).


Si vous vous apprêtez à lui demander une corvée qu’il n’aime pas faire, suggérez-lui un temps fixé d’avance, et revenez à la charge plus tard pour poursuivre la tâche en fixant un nouvel objectif. Il est parfois nécessaire de découper la tâche en plusieurs petites parties : dire à l’enfant «range ta chambre» peut constituer un défi insurmontable pour lui. Déterminer des petits objectifs («met ton linge au lavage, range ton jeu de Lego, place tes cartes dans ton album, fais ton lit, passe le ballai», etc.) qu’on aligne sur une liste peut au contraire être perçu comme un jeu si on s’amuse à lui faire deviner laquelle de ces activités prendra le moins de temps et que l’on chronomètre chacune d’elles pour valider son jugement.

Prévenir ou gérer les crises et l’obstination 
L’enfant qui souffre de TDA/H exprime souvent une franche opposition en défiant toute autorité par des comportements hostiles face aux demandes, en argumentant, en criant des insultes, en brisant des objets. Parfois, au contraire, il offre une opposition passive par une nonchalance, une léthargie, une lenteur à répondre à la demande qui irrite tout autant le requérant. Il faut donc prévenir les dérapages par des avertissements bien ciblés qui seront maintenus en tout temps et en tout lieu. On doit essayer de ne pas perdre patience et demeurer maître de nous-mêmes, cesser d’argumenter pour expliquer nos décisions et permettre ainsi à la querelle verbale de s’éteindre.

Quand une crise survient, et que, malgré notre tentative de résoudre le conflit, la crise s’aggrave, il faut prévoir un lieu d’isolement. Non pas nécessairement un lieu de punition, mais un endroit où l’enfant pourra retrouver son calme avant de poursuivre son activité. Ce pourrait être sa chambre, dans laquelle il pourra faire à loisir une activité qui le divertira de sa colère et retrouver un confort intérieur qui lui permettra ensuite de s’excuser et de revenir à l’activité sans perdre la face.


On peut aussi décider d’un lieu bien connu de l’enfant, un lieu de « pause », une chaise dans un coin par exemple, et l’y envoyer chaque fois qu’il se désorganise en le maintenant assis pour une durée déterminée (on recommande une minute par année d’âge, par exemple, à 4 ans,  4 minutes). Après la pause, on demande à l’enfant s’il est prêt à revoir sa conduite, sinon, on maintient la consigne pour une autre « pause » jusqu’à ce qu’il accepte d’obtempérer. S’il refuse de rester assis sur la chaise, on l’y retient bras croisés devant lui et ses mains retenues par vous derrière la chaise jusqu’à ce qu’il consente de lui-même à respecter la pause pour la durée indiquée. La pause peut être utilisée chaque fois que l’enfant a un mauvais comportement (faire mal aux autres, briser un objet, etc.).

Quand on  prévoit sortir avec l’enfant dans un lieu public ou en visite, on l’informe d’avance des limites qu’on exige de lui (par exemple,il ne devra toucher à rien, on n’achètera rien pour lui dans un magasin, il devra rester à portée de vue…). On lui demande de répéter les consignes (pas plus de trois à la fois) et on l’informe tout de suite des conséquences qu’il encoure s’il ne s’y conforme pas et de la permission qu’il se méritera s’il se conduit convenablement. On prévoit aussi un lieu et un temps d’arrêt même dans un lieu public ou encore la possibilité de le retourner dans la voiture avec l’autre parent si celui-ci est présent en l’informant que, la prochaine fois, il sera privé d’une telle sortie

Ces quelques trucs simples favoriseront une meilleure harmonie familiale et une meilleure estime de soi pour votre jeune.

Merci à madame Francine Lussier pour sa participation à ce blogue, en tant qu'auteure.

dimanche 3 mai 2015

Intervention et rééducation : quel est le rôle de chacun ?

Vous vivez une situation difficile avec votre enfant ? Vous avez des questions ? Votre jeune a des difficultés au niveau de ses apprentissages ? Vous vous questionnez sur certains comportements de votre jeune ? Savez-vous que nous pouvons probablement vous aider ? Consultez notre équipe et obtenez des réponses et du soutien pour le mieux-être de votre famille.



Orthopédagogues
Nos orthopédagogues apportent une aide spécifique aux enfants du primaire, du secondaire ou du collégial qui éprouvent des difficultés d'adaptation ou d'apprentissage. Ces dernières interviennent de façon individuelle auprès de votre enfant en vue de faciliter ou de revoir l’apprentissage de certaines notions et de rééduquer, au besoin, des troubles spécifiques d’apprentissage (comme par exemple la dyslexie/ dysorthographie). Pour se faire, elles identifient les difficultés de l’enfant (difficulté de lecture/écriture, raisonnement mathématiques, difficultés d’organisation et de planification, gestion de l’étude, etc.) afin d'établir un plan d’action adapté à leurs besoins. 

Une grande importance est également accordée au soutien des parents et à une collaboration avec les enseignants. Nos orthopédagogues sont également outillées pour guider et conseiller les parents en matière d'équipement, de matériel didactique ou d'aménagement de locaux. Les suivis s’effectuent généralement à raison d’une heure par semaine et suivent un horaire fixe établi selon les disponibilités des parents et de leurs enfants.

Orthophonistes
Nos orthophonistes s'occupent du dépistage, du diagnostic, du traitement et de la prévention des troubles de la parole, de la voix, du langage et des fonctions de communication. À l'aide de tests et d'observations, elles évaluent la nature, l'étendue et la gravité des troubles (dyslexie, dysorthographie, dysphasie, défaut d'articulation, bégaiement, etc.) puis conçoivent et appliquent un plan d'intervention adapté aux caractéristiques de l’enfant. 

Elles offrent du soutien aux parents, les informent du traitement, sollicitent leur collaboration pour maintenir ou améliorer les capacités de communication de leurs enfants et leurs interventions visent à favoriser l'intégration sociale, scolaire ou professionnelle de ces derniers. Les suivis s’effectuent généralement à raison d’une heure par semaine et suivent un horaire fixe établi selon les disponibilités des parents et de leurs enfants.

Psychoéducateur
Le psychoéducateur faisant partie de notre équipe offre des services d'évaluation, de consultation, d'intervention préventive et de rééducation auprès des enfants et des parents d’enfants présentant des problèmes d'adaptation reliés plus précisément à l’anxiété. Il établit avec les parents un plan d'intervention et intervient auprès de ces derniers afin de les accompagner et de les soutenir dans leurs efforts de réadaptation et favoriser ainsi l’apprentissage de nouvelles compétences et de nouveaux comportements chez leurs enfants. Les suivis s’effectuent au besoin selon les problématiques pour lesquelles vous désirez du soutien.

Psychologues et neuropsychologues
Lors de suivis individualisés, ces professionnels vous aideront à développer de nouvelles manières d’organiser l’information pour l’enfant ou encore de vous outiller dans la gestion des conflits et des comportements.




dimanche 19 avril 2015

Connaissez-vous le syndrome de dysfonction non-verbal ?

Le syndrome de dysfonction non-verbale (SDNV), récemment mis en évidence par les neuropsychologues, présente de multiples manifestations dans différentes sphères : cognitives, académiques et sociales. Dans la vie scolaire, ce trouble d’apprentissage touche de façon plus spécifique les mathématiques; cependant les enfants qui en sont atteints sont généralement plus marginalisés par leur mésadaptation socio-affective que par leurs difficultés scolaires. Comme son nom l’indique, ce syndrome affecte principalement les habiletés non-verbales de la personne telles que l’analyse et le raisonnement visuo-spatial (définition), l’attention et la mémoire non‑verbales, mais aussi l’expression et l’interprétation d’émotions.


Ce syndrome a été décrit, semble-t-il, pour la première fois par Johnson et Myklebust en 1967, comme une forme particulière de trouble d’apprentissage , nécessitant une approche rééducative très spécifique.

En voici les principales manifestations
Sphère cognitive

  • La motricité fine peut se développer plus lentement que ses pairs;
  • L’attention et la mémoire visuelles sont habituellement moins efficaces que l’attention et la mémoire auditives ou verbales.
Sphère académique
  • Difficultés grapho-motrices. Au début du primaire, ceci se traduit par une difficulté au niveau de l’écriture (calligraphie); l’enfant écrit lentement, tient son crayon de façon bizarre, a de la difficulté à tracer les lettres (souvent plusieurs traits pour former une lettre). Ce retard se rattrape habituellement dans la deuxième partie du primaire après beaucoup de pratique;
  • L’enfant fait des fautes d’orthographe qui sont presque exclusivement de nature éidétique, c’est à dire qu’il se fie à la prononciation (le son) et non à l’orthographe réelle du mot (ex.: “oto” = “auto”);
  • Il a des difficultés en mathématiques, généralement plus au niveau procédural qu’en calcul mental;
  • Il se fie beaucoup au langage pour apprendre et obtenir des informations sur ce qui l’entoure plutôt que d’expérimenter par lui-même en touchant ou en regardant. Il pose donc beaucoup de questions.
Sphère sociale
  • Il parvient difficilement à faire semblant, à mimer sans parler. Il peut avoir des comportements non verbaux inappropriés ou absents (ex.: mauvaise posture, manque d’expression faciale et corporelle, intonation monocorde, etc.);
  • Il parle beaucoup et souvent de façon inappropriée au contexte. 
Malheureusement, les enfants qui présentent un tel syndrome sont rarement référés en psychologie pour troubles d’apprentissage. Leurs attitudes, par contre, sont souvent problématiques au niveau de leurs contacts relationnels et plus ces enfants avancent en âge plus ils peuvent devenir conscients et même souffrants de leur marginalité.

Au plan scolaire l'éducation d'un enfant SDNV s'avère également plus difficile. Ceci provient souvent du fait que les éducateurs et les enseignants demeurent généralement sous l'impression qu'un enfant qui a appris plutôt facilement à lire et à écrire, ce qui est le cas pour la plupart d'entre eux, ne peut présenter des difficultés d'apprentissage. En raison de ce fait , ces enfants sont rarement identifiés dans les classes comme présentant des besoins particuliers. Or, il est essentiel qu'il reçoivent précocement une rééducation, incluant aussi le domaine pédagogique.

Voici quelques pistes d'intervention afin d'aider un enfant ayant un syndrome de dysfonction non-verbal

1) Observer attentivement le comportement de l'enfant, en présence d'une situation nouvelle ou complexe;

2) Adopter une attitude réaliste;

3) Utiliser un enseignement très systématique et séquentiel (étape par étape);

4) Encourager l'enfant à décrire en détails les événements importants de sa vie;

5) Enseigner à l'enfant les moyens appropriés pour faire face aux situations qui se révèlent problématiques pour lui de façon quotidienne;

6) Encourager la généralisation des stratégies apprises ainsi que des concepts;

7) Enseigner à l'enfant à utiliser un langage de plus en plus approprié aux situations;

8) Enseigner à l'enfant à utiliser au maximum ce qui lui reste de compétences dans le registre visuo-spatial;

9) Enseigner à l'enfant à interpréter correctement ce qu'il voit et ceci même lorsque l'information verbale lui est disponible en même temps;

10) Enseigner des attitudes non-verbales appropriées;

11) Faciliter des interactions structurées entre l'enfant et les autres;

12) Promouvoir, encourager et guider l'enfant dans le choix d'activités exploratoires systématiques;

13) Apprendre à l'enfant à utiliser des aides techniques appropriées à son âge;

14) Aider l'enfant à différencier les situations où il pourrait se sentir en difficulté de celles où il est à l'aise;

15) S'assurer que tous ceux qui œuvrent auprès de l'enfant puissent harmoniser leur compréhension de ses besoins et leur savoir-faire dans leurs interventions;

16) Offrir une pédagogie adaptée à ses besoins dès le cours primaire;

17) Reconnaître l'importance du rôle d'un thérapeute dans la préparation du sujet SDNV à la vie d'adulte.

Vous souhaitez en connaître davantage sur le SDNV, n'hésitez pas à nous contacter.
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