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jeudi 27 août 2015

La dyscalculie, c’est plus que de ne pas être bon en maths...suite

Lors de notre précédent blogue, nous avons parler de la dyscalculie. Voici la suite à ce sujet...

Les manifestations de la Dyscalculie
Si l’on observe des difficultés importantes en mathématiques chez un enfant, si l’enfant refuse catégoriquement ou évite les activités reliées aux mathématiques, s’il prend plus de temps, beaucoup plus de temps, pour compléter ses devoirs et ses leçons en mathématiques ou pour apprendre ses tables, si les efforts déployés sont considérables et dépassent ceux normalement requis et qu’en plus, son rendement scolaire est en-deça de celui attendu, il est possible qu’il souffre de dyscalculie.

Concrètement, on essaiera d’observer la présence de certaines manifestations dès le préscolaire :

  •  Difficulté à apprendre la comptine des nombres
  •  Erreurs lors du dénombrement (i.e., compter des objets en les pointant un à un)
  •  Difficultés à compter sur ses doigts
  •  Difficultés à mémoriser les faits arithmétiques (les tables)
  •  Erreurs et lenteur en calcul
  •  Erreurs de lecture de nombres (10 025 lu « cent vint-cinq »)
  •  Erreurs en dictée de nombres (six cent quatre-vingt écrit « 6420 »)
  •  Difficultés de comparaison de nombres (< , >)
  •  Difficulté à estimer la réponse d’un calcul



Les enfants ayant une dyscalculie ont des difficultés sévères dans la production et/ou la compréhension des quantités, des symboles numériques, des opérations arithmétiques. Ils ont du mal à faire toutes les étapes d’une procédure de calcul, à savoir quelle opération employer après la lecture d’une situation problème.





En même temps, deux enfants dyscalculiques peuvent être très différents l’un de l’autre.
Je pense que mon enfant est dyscalculique : Que puis-je faire? Qui aller voir?
Tout problème en mathématiques n’est pas forcément un trouble d’apprentissage, pas forcément une dyscalculie. Si un enfant éprouve des difficultés d’apprentissage qui nuisent à son évolution, à son estime de soi ou à ses relations avec les autres, il est important d’en comprendre la nature et leur origine. Cela nous permet de lui fournir les services dont il a besoin et qui pourront l’aider dans ses apprentissages et son cheminement futur.

Le rôle du neuropsychologue
Le neuropsychologue a comme objectif d’investiguer les relations entre les apprentissages, le cerveau et le comportement. Lorsqu’on croit que son enfant souffre de dyscalculie, il est important de s’assurer de consulter un neuropsychologue pédiatrique qui connaît bien les troubles d’apprentissage, et plus particulièrement la dyscalculie. Le neuropsychologue investiguera les différentes sphères des mathématiques afin d’établir s’il y a ou non présence d’une dyscalculie et examinera s’il y a d’autres déficits associés (trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité –TDA/H-, syndrome de dysfonctions non-verbales – SDNV -, trouble dysexécutif, dyslexie, dysorthographie, etc.). Il évaluera donc l’ensemble des sphères cognitives tout en portant une attention particulière aux compétences du domaine des mathématiques.

Son évaluation l’amènera à poser, ou non, un diagnostic de dyscalculie : est-ce que les problèmes en mathématiques vécus par l’enfant découlent d’une dyscalculie ou d’un autre trouble? C’est le rôle du neuropsychologue de répondre à cette question. Le diagnostic de dyscalculie s’établit, en partie, en comparant le niveau de compétences en mathématiques au fonctionnement intellectuel de l’enfant, à son âge et à l’enseignement reçu, en considérant les variables socioculturelles, sa langue et son sexe. Le neuropsychologue s’attardera aussi à examiner la nature des erreurs commises par le jeune.

Peu importe la conclusion, le neuropsychologue guidera les parents dans leur compréhension des difficultés de leur enfant afin que des mesures soient mises en place pour soutenir ses apprentissages scolaires et ses activités quotidiennes. Il fournira des pistes d’intervention à appliquer à la maison ainsi qu’à l’école en considérant le profil cognitif global de l’enfant, entre autres s’il y a d’autres déficits cognitifs en comorbidité (TDAH, dyslexie, etc.). Il orientera les parents vers les services de rééducation appropriés selon les besoins de l’enfant, généralement en séances individuelles : orthopédagogie, ergothérapie, orthophonie, etc.

En plus des services de rééducation ou d’intervention, l’évaluation neuropsychologique permettra d’informer les intervenants scolaires et les parents des mesures d’adaptation qui peuvent être mises en place pour pallier la dyscalculie. Il n’y a pas de remède, mais il y a beaucoup à faire pour aider la personne dyscalculique à être le plus autonome possible en mathématiques, tant à l’école, dans son milieu de travail que dans sa vie courante.

Par Eliane Chevrier, neuropsychologue et propriétaire-associée du CENOP

dimanche 9 août 2015

La dyscalculie, c'est plus que de ne pas être bon en maths

La dyscalculie, par Eliane Chevrier, Ph.D
Neuropsychologue et propriétaire-associée au CENOP

Lorsqu’on aborde les mathématiques avec les parents, ils font souvent une remarque comme quoi « C’est tellement compliqué les maths! ». Et ils ont en partie raison. Pour réussir en mathématiques, il faut savoir compter, calculer, mesurer, comparer, raisonner, expliquer, déduire, intégrer,… Plusieurs enfants, dans leur carrière d’élève puis d’étudiant, auront un jour ou l’autre des difficultés avec un aspect des mathématiques. Pour d’autres, dès le début de leurs apprentissages, ils auront du mal à saisir le sens du nombre. Ils traîneront les mathématiques comme un boulet et ne sauront comment pallier leurs difficultés. Et ils deviendront peut-être anxieux. Parfois, même les enseignants et les orthopédagogues ne sauront comment les aider. Peut-être sont-ils dyscalculiques? Comment le sait-on? Qui peut nous aider? Qu’est-ce que la dyscalculie?

La Dyscalculie : Définition
À ce jour, il n’existe pas de définition consensuelle de ce qu’est la dyscalculie, certains utilisant le terme trouble du calcul, d’autres troubles spécifiques de l’arithmétique ou encore trouble spécifique d’apprentissages des mathématiques. Néanmoins, chercheurs et cliniciens s’entendent pour dire que la dyscalculie est un trouble neurodéveloppemental, c’est-à-dire d’origine biologique. Cela signifie qu’elle serait conséquente à un dysfonctionnement de certaines régions du cerveau. Les dernières études pointent le cortex pariétal comme étant le « siège » de la conscience des nombres.

Des recherches récentes montrent qu’une altération du fonctionnement de certaines zones du cortex pariétal empêcherait le développement du sens du nombre et génèrerait un déficit spécifique du traitement numérique. Le sens du nombre est une capacité qui se développerait de façon innée. Le sens du nombre nous permet de savoir qu’une quantité est plus grande qu’une autre. Il s’agit de la capacité de comparer des nombres entre eux pour décider, très rapidement, lequel est le plus grand des deux. Cela nous permet de situer des chiffres sur une droite numérique, réelle ou imaginaire.

Pour plusieurs auteurs, ces atteintes 1) du sens du nombre et 2) du traitement numérique entraînent la dyscalculie. La dyscalculie est caractérisée par une difficulté à apprendre les faits arithmétiques, à les rappeler et à calculer. La plupart des enfants dyscalculiques éprouvent de sévères difficultés à appliquer les procédures de calcul et utilisent de mauvaises stratégies en résolution de problèmes.

Prévalence
On estime qu’il y aurait entre 3% et 8% des enfants qui seraient dyscalculiques, la proportion variant selon les critères diagnostiques utilisés.

La Dyscalculie est un Trouble spécifique d’apprentissage, ce n’est pas un retard
Tout au long de sa vie, une personne, enfant ou adulte, peut vivre une difficulté ou un retard d’apprentissage. Il s’agit d’une période transitoire où l’on éprouve des difficultés à comprendre ou mémoriser de nouveaux apprentissages et à obtenir de bons résultats. La source de la difficulté peut être environnementale (problèmes familiaux, conflits avec les pairs, évènement bouleversant, période de stress, etc.) ou reliée à une notion particulière à l’étude. Par exemple, un étudiant réussit en calcul et en géométrie, mais ne parvient pas à comprendre les fractions. Ce retard ponctuel dans les apprentissages s’estompe avec le temps. Il se peut tout de même qu’il faille mettre plus de temps, plus d’étude ou qu’il faille offrir du soutien particulier pour surmonter une difficulté d’apprentissage (tuteur, aide aux devoirs, orthopédagogue, etc.).

Lorsqu’on parle d’un trouble d’apprentissage spécifique, comme la dyscalculie, il s’agit d’une atteinte permanente d’origine neurologique. On dit « permanente » parce que, bien que la sévérité du trouble puisse s’amenuiser avec le temps, les problèmes ne disparaîtront pas, même si de la rééducation spécialisée est offerte, par exemple en orthopédagogie. On dit d’ailleurs qu’un trouble d’apprentissage est résistant aux interventions. Les manifestations de la dyscalculie varieront au fil des ans. Certaines difficultés finiront par s’estomper (par exemple, les problèmes de comptage ou les erreurs de dictée de nombres), mais immanquablement, elles feront place à d’autres problèmes en mathématiques (par exemple en calcul mental, pour arrondir des nombres ou estimer des quantités).

Conséquemment, les jeunes souffrant de dyscalculie ont du mal à utiliser les nombres dans leur quotidien : suivre une recette en respectant les quantités, calculer à quelle heure partir pour ne pas manquer l’autobus, découper la bonne grandeur de papier pour emballer un cadeau, estimer la monnaie qui devrait nous être rendue, etc. Ils apprendront à compter et à calculer mais ce sera toujours au prix d’un effort considérable, d’un temps d’exécution plus long qu’attendu et ils commettront des erreurs; c’est ce qu’on observe chez les adolescents dyscalculiques.

Dans un prochain blogue, nous verrons plus en détail les manifestations de la dyscalculie.

lundi 8 juin 2015

Jeux vidéo, tablettes numériques... comment gérer le tout ?

Dans notre blogue précédent, nous avons vu les différents stades de développement de l'enfant. À chaque âge les besoins sont différents. Plusieurs parents se questionnent sur la gestion du temps passé à jouer à des jeux vidéo. Voici quelques pistes de solutions.

LES JEUX VIDEO, LES TABLETTES NUMÉRIQUES ET CIE
«3-6-9-12, cela évoque bien sûr quatre étapes essentielles de l’enfance : 3 ans, c’est l’admission en maternelle; 6 ans, l’entrée en CP; 9 ans, l’accès à la maîtrise de la lecture et de l’écriture; et 11-12 ans le passage au collège. Mais ce sont aussi d’excellents repères pour savoir à quel âge et comment introduire les différents écrans dans la vie de nos enfants….introduisons les au bon moment et à leur juste place ». C’est ainsi que commence Torisson  dans son petit livre très intéressant qui résume sa pensée en matière de recommandations sur l’utilisation d’outils numériques.

Quant à moi, je n’ai pas d’idées préconçues sur l’usage des écrans ou des techniques numériques, sur l’âge auquel ils peuvent être introduits, sur le temps optimal que l’enfant peut y consacrer. En fait, je suis plutôt favorable à leur utilisation, car je constate que l’enfant peut y apprendre une foule de choses extrêmement intéressantes et pertinentes pour lui dans la société dans laquelle il évolue. Je n’aurai des restrictions que lorsque je constaterai que ça nuit à sa santé psychique ou même à sa santé physique éventuellement (si l’enfant néglige par exemple toute activité physique au profit des activités suggérées par les seuls écrans). En toutes choses, la mesure a bien meilleur goût.

L’impact positif ou négatif des écrans dépend vraiment de la nature de l’enfant. Pour certains, ils constitueront éventuellement une plateforme qui pourra les propulser vers une carrière, pour d’autres, ils engendreront une addiction dont ils auront du mal à se départir. Ces deux cas de figures sont rares. Entre les deux positions, tous les possibles.

Si un parent me consulte pour savoir ce que je pense de l’utilisation que fait son jeune des jeux vidéo ou des techniques numériques, mes recommandations ne viendront qu’après avoir analysé le terreau dans lequel s’incarne le questionnement. J’envisagerai tant les valeurs familiales que les besoins et les motivations du jeune; j’explorerai l’impact ou les impacts de l’utilisation des écrans dans la vie familiale ou dans la vie personnelle de l’enfant; une baisse de notes dans son rendement scolaire par exemple constitue une bonne raison de restreindre l’utilisation des jeux vidéo et des techniques numériques. Je considérerai l’isolement social généré par l’utilisation que le jeune en fait (ne s’intéresse qu’aux jeux vidéo et néglige sa vie sociale ou se sert du jeu vidéo pour fuir la réalité et se réfugier hors de son environnement social). Par contre, au contraire, le jeu vidéo pourrait constituer une plateforme idéale pour se construire un réseau social qu’il serait incapable de se créer de lui-même (je pense ici à un jeune autiste par exemple qui a peu d’attraits pour les relations interpersonnelles mais beaucoup pour les jeux numériques). J’examinerai si le jeune ne se sent pas plutôt exclu socialement, précisément du fait que tous ses amis jouent à ce jeu auquel il n’a pas accès, parce que ses parents s’y opposent en raison parfois d’idées préconçues qu’ils se font d’un univers qu’il ne comprennent pas tout à fait; j’inviterai alors ces parents à se familiariser avec le dit jeu, puis demander l’avis de ceux qui le permettent à leur enfant avant de l’interdire à son enfant.

«Jouer à des jeux vidéo sur des courtes périodes quotidiennes aurait un impact positif sur le développement des enfants» nous dit Elena Bizzotto  qui rapporte une étude publiée par la revue Pediatrics. Les scientifiques de l'université d'Oxford expliquent avoir analysé une cohorte de près de 5 000 jeunes âgés de 10 à 15 ans. Parmi ces volontaires, près de 75% ont déclaré qu'ils jouaient tous les jours à des jeux vidéo. Les données ont été combinées afin d'évaluer les niveaux d'adaptation psychologique et sociale de ces enfants et adolescents consommateurs de ces jeux, en les comparant à ceux qui ne jouent pas du tout aux jeux vidéo. Les résultats portent à croire que les jeunes qui passent moins d'une heure par jour à jouer sont plus satisfaits de leur vie et montrent des niveaux plus élevés d'interactions sociales positives. Ces joueurs ont eu également moins de problèmes émotionnels et présentent des niveaux d'hyperactivité plus bas que les autres. Ceux qui jouent plus de trois heures, au contraire, semblent être les moins bien adaptés, d'après cette étude. J’ajouterai même que si l’enfant ne joue pas du tout à ces jeux électroniques risquent d’être déphasés par rapport à leur génération qui en use largement.

On trouve d’autres bons côtés à ces jeux vidéo. Katia Gagnon  rapporte que selon une étude canadienne, World of Wardcraft, comme d'autres jeux vidéo du même genre, a permis à ses adeptes de développer des compétences qui pourraient leur être ensuite utiles dans la vie réelle. Douze (12) jeunes, qui avaient entre 13 et 16 ans au début du projet, ont été suivi durant plusieurs années, jusqu’à l'âge adulte. Ces jeunes adultes avaient acquis de nombreuses compétences en jouant. Il y avait réellement eu un transfert de compétences de leur vie virtuelle à leur vie réelle. Jouer en équipe, permet d'apprendre à négocier, à collaborer. Il leur faut identifier les forces de chacun. Jouer à ces jeux développe aussi des compétences indéniables en matière de leadership. Dans le jeu Guild Wars, par exemple, les participants doivent bâtir un clan. Ils vivent des conflits. Ils doivent prendre des décisions morales et éthiques. Ils en sortent avec le goût de devenir des citoyens plus actifs.

En bref, on devrait chercher à utiliser les jeux vidéo plutôt que de les bannir. Comme parents, on pourra consulter une classification par âges qui garantit un étiquetage clair des contenus. Pour le jeu vidéo en particulier, plusieurs systèmes existent dans le monde principalement pour aider à faire un choix de jeux en fonction par exemple de l'âge du joueur. C'est surtout un moyen de protection des mineurs, destiné aux parents désireux d'acheter un jeu vidéo en toute confiance.

On pourra ensuite se faire une idée en lisant sur les avantages et les désavantages de ces jeux; on pourra alors prendre une décision éclairée puis on établira des règles claires d’utilisation pour notre jeune, selon les valeurs auxquelles nous croyons et que nous voulons transmettre.

Ce texte est tiré du livre de madame Francine Lussier, neuropsychologue 
Mon enfant est difficile, concrètement que faire?


vendredi 22 mai 2015

La dyslexie ou lorsque les mots s'emmêlent

La dyslexie est un trouble persistant de l’acquisition et de l’automatisation de la lecture. Ce trouble affecte la vitesse et la précision en lecture. Il engendre donc souvent une lecture imprécise qui nuit grandement à la compréhension. Ces atteintes s’accompagnent toujours de difficultés en écriture, correspondant souvent à un trouble de l’écriture (dysorthographie) qui peuvent rendre très ardu le cheminement scolaire de ces jeunes partout où la lecture et l’écriture sont sollicitées (français, mais aussi mathématiques, sciences, histoire, etc.).
Il faut savoir que les enfants qui présentent ce trouble ont malgré tout de grandes forces cognitives sur lesquelles ils peuvent s’appuyer afin de développer des stratégies de travail pour compenser leurs lacunes. 


Voici un bref aperçu des types de dyslexies recensés à ce jour

Dyslexie phonologique (voie d’assemblage)
La dyslexie phonologique se caractérise par un trouble du décodage, soit de la correspondance graphèmes-phonèmes (correspondance du son écrit au son oral). L’enfant peut alors omettre des sons, inverser la séquence des sons à l’intérieur d’un mot et même changer un son pour un autre. Les difficultés soulevées par ce type de dyslexie peuvent amener l’enfant à vouloir deviner les mots. Au lieu de lire le mot syllabe par syllabe, il tente de le lire dans son ensemble en se fiant à certains repères graphiques ou sémantiques (sens) (ex.: premier pour promenade, chat pour chien). Ce type de dyslexie entraîne souvent une lecture impulsive et imprécise ou au contraire extrêmement lente.

Dyslexie lexicale (voie d’adressage)
La dyslexie lexicale se caractérise par une difficulté importante à reconnaître les mots dans leur globalité. L’enfant peine donc à lire les mots irréguliers tel que femme, monsieur, fusil, etc.. puisqu’il tente constamment de les décoder syllabe par syllabe. Comme il arrive difficilement à garder les mots en mémoire, il peut buter même devant des mots réguliers ou fréquents puisqu’il lit ces derniers comme s’il les voyait pour la première fois même si ce n’est pas le cas. Ce type de dyslexie entraîne souvent une lecture très lente et laborieuse où la recherche de sens est pratiquement absente.

Dyslexie mixte
La dyslexie mixte se caractérise par des difficultés autant au niveau du décodage qu’au niveau de la reconnaissance visuelle des mots dans leur ensemble. Ce type de dyslexie rend la lecture très laborieuse pour l’enfant qui n’est à l’aise dans aucune des voies qu’un lecteur doit emprunter (assemblage, adressage) .

Les manifestations
  • Omission, substitution et inversion de sons dans les mots (ex.: page pour plage, poulet pour poulain, foule pour flou);
  • Confusion entre les lettres miroirs (b/d, p/q) et les sons proches (ch/j, d/t);
  • Difficultés importantes au niveau du décodage (lecture lente et saccadée);
  • Devine parfois les mots en se fiant aux premières lettres ou encore en se fiant au sens de la phrase;
  • Difficulté à reconnaître les mots dans leur ensemble;
  • Difficulté à lire les mots irréguliers (ex.: monsieur, fils, femme, etc.);
  • Saute les petits mots de relation et de liaison dans les phrases;
  • Compréhension de lecture difficile puisque l’enfant est centré sur le décodage;
  • Grande fatigabilité lors d’une tâche de lecture.
Plusieurs stratégies peuvent être mises en place afin de favoriser la réussite scolaire de votre enfant, malgré la dyslexie. Nous en parlerons dans un prochain blogue.

dimanche 10 mai 2015

Vous avez dit dyscalculie ?


Saviez-vous que la dyscalculie est un trouble persistant et spécifique de l’apprentissage du nombre et du calcul qui se caractérise par de grandes difficultés dans le domaine des mathématiques ?

Les enfants qui souffrent de ce trouble peinent à traiter les nombres (reconnaître et produire les chiffres, passer de l’oral à l’écrit, etc.), à mémoriser les tables (addition, soustraction, multiplication et division) et à calculer (difficultés à effectuer de simples opérations qu’ils peuvent confondre les unes avec les autres) et à comprendre ce qu’est un nombre (comprendre le lien entre le symbole et la quantité).

Votre enfant veut toujours garder ses devoirs de mathématiques pour la fin. Chaque fois qu’il aperçoit son cahier, on voit son visage se crisper et l’appréhension l’envahir. Il sait qu’il devra encore une fois faire face à ses difficultés…

Face à deux petites résolutions de problème, il est tout de suite découragé. La compréhension des problèmes est laborieuse et il a toujours de la difficulté à reformuler le problème dans ses mots puisqu’il jongle mal avec le jargon mathématique. De plus, il peine à se concentrer sur la tâche et a constamment envie de la fuir! Il se demande ensuite : dois-je faire une addition? Dois-je faire une division? Une soustraction? Il n’en est jamais certain! Une fois qu’il est décidé, horreur!!! Il ne se rappelle plus quelle est la démarche pour effectuer sa soustraction. Il n’arrive donc plus à se rappeler ce que donne 10-6. Vous vous sentez découragé et ne savez plus comment l’aider.

Lorsque votre enfant doit réviser ses tables de multiplication, c’est la catastrophe! Les petites réussites d’hier sont devenues des échecs aujourd’hui. Alors que 6X6=36 était maîtrisé hier, aujourd’hui il ne l’est plus! C’est pratiquement en pleur que se termine toujours cette révision pénible des tables. À chaque fois, votre enfant ne peut s’empêcher de se dévaloriser. Il se décourage, ne veut plus rien tenter et demain tout est à recommencer...

Les enfants qui vivent avec la dyscalculie ont de la:

  • Difficulté lors du dénombrement et utilisation fréquente des doigts ou autres objets pour compter;
  • Difficulté à lire et à écrire des nombres (lire 26 pour 62, écrire 707 pour 77, lire 6 pour 9, etc.);
  • Difficulté à effectuer des opérations arithmétiques;
  • Difficulté à retenir les tables de multiplication;
  • Difficulté à saisir et à utiliser les termes mathématiques (la différence, la somme, la quantité, plus que, moins que, deux fois plus que, etc.);
  • Difficulté à comprendre les énoncés de problèmes mathématiques;
  • Difficulté à gérer l’argent;
  • Orientation visuo-spatiale déficitaire (difficulté à s’orienter dans l’espace);
  • Problèmes en géométrie.
Enfin, il est important de savoir qu'il existe des solutions pour aider votre enfant. N'hésitez pas à nous contacter pour les connaître.

dimanche 19 avril 2015

Connaissez-vous le syndrome de dysfonction non-verbal ?

Le syndrome de dysfonction non-verbale (SDNV), récemment mis en évidence par les neuropsychologues, présente de multiples manifestations dans différentes sphères : cognitives, académiques et sociales. Dans la vie scolaire, ce trouble d’apprentissage touche de façon plus spécifique les mathématiques; cependant les enfants qui en sont atteints sont généralement plus marginalisés par leur mésadaptation socio-affective que par leurs difficultés scolaires. Comme son nom l’indique, ce syndrome affecte principalement les habiletés non-verbales de la personne telles que l’analyse et le raisonnement visuo-spatial (définition), l’attention et la mémoire non‑verbales, mais aussi l’expression et l’interprétation d’émotions.


Ce syndrome a été décrit, semble-t-il, pour la première fois par Johnson et Myklebust en 1967, comme une forme particulière de trouble d’apprentissage , nécessitant une approche rééducative très spécifique.

En voici les principales manifestations
Sphère cognitive

  • La motricité fine peut se développer plus lentement que ses pairs;
  • L’attention et la mémoire visuelles sont habituellement moins efficaces que l’attention et la mémoire auditives ou verbales.
Sphère académique
  • Difficultés grapho-motrices. Au début du primaire, ceci se traduit par une difficulté au niveau de l’écriture (calligraphie); l’enfant écrit lentement, tient son crayon de façon bizarre, a de la difficulté à tracer les lettres (souvent plusieurs traits pour former une lettre). Ce retard se rattrape habituellement dans la deuxième partie du primaire après beaucoup de pratique;
  • L’enfant fait des fautes d’orthographe qui sont presque exclusivement de nature éidétique, c’est à dire qu’il se fie à la prononciation (le son) et non à l’orthographe réelle du mot (ex.: “oto” = “auto”);
  • Il a des difficultés en mathématiques, généralement plus au niveau procédural qu’en calcul mental;
  • Il se fie beaucoup au langage pour apprendre et obtenir des informations sur ce qui l’entoure plutôt que d’expérimenter par lui-même en touchant ou en regardant. Il pose donc beaucoup de questions.
Sphère sociale
  • Il parvient difficilement à faire semblant, à mimer sans parler. Il peut avoir des comportements non verbaux inappropriés ou absents (ex.: mauvaise posture, manque d’expression faciale et corporelle, intonation monocorde, etc.);
  • Il parle beaucoup et souvent de façon inappropriée au contexte. 
Malheureusement, les enfants qui présentent un tel syndrome sont rarement référés en psychologie pour troubles d’apprentissage. Leurs attitudes, par contre, sont souvent problématiques au niveau de leurs contacts relationnels et plus ces enfants avancent en âge plus ils peuvent devenir conscients et même souffrants de leur marginalité.

Au plan scolaire l'éducation d'un enfant SDNV s'avère également plus difficile. Ceci provient souvent du fait que les éducateurs et les enseignants demeurent généralement sous l'impression qu'un enfant qui a appris plutôt facilement à lire et à écrire, ce qui est le cas pour la plupart d'entre eux, ne peut présenter des difficultés d'apprentissage. En raison de ce fait , ces enfants sont rarement identifiés dans les classes comme présentant des besoins particuliers. Or, il est essentiel qu'il reçoivent précocement une rééducation, incluant aussi le domaine pédagogique.

Voici quelques pistes d'intervention afin d'aider un enfant ayant un syndrome de dysfonction non-verbal

1) Observer attentivement le comportement de l'enfant, en présence d'une situation nouvelle ou complexe;

2) Adopter une attitude réaliste;

3) Utiliser un enseignement très systématique et séquentiel (étape par étape);

4) Encourager l'enfant à décrire en détails les événements importants de sa vie;

5) Enseigner à l'enfant les moyens appropriés pour faire face aux situations qui se révèlent problématiques pour lui de façon quotidienne;

6) Encourager la généralisation des stratégies apprises ainsi que des concepts;

7) Enseigner à l'enfant à utiliser un langage de plus en plus approprié aux situations;

8) Enseigner à l'enfant à utiliser au maximum ce qui lui reste de compétences dans le registre visuo-spatial;

9) Enseigner à l'enfant à interpréter correctement ce qu'il voit et ceci même lorsque l'information verbale lui est disponible en même temps;

10) Enseigner des attitudes non-verbales appropriées;

11) Faciliter des interactions structurées entre l'enfant et les autres;

12) Promouvoir, encourager et guider l'enfant dans le choix d'activités exploratoires systématiques;

13) Apprendre à l'enfant à utiliser des aides techniques appropriées à son âge;

14) Aider l'enfant à différencier les situations où il pourrait se sentir en difficulté de celles où il est à l'aise;

15) S'assurer que tous ceux qui œuvrent auprès de l'enfant puissent harmoniser leur compréhension de ses besoins et leur savoir-faire dans leurs interventions;

16) Offrir une pédagogie adaptée à ses besoins dès le cours primaire;

17) Reconnaître l'importance du rôle d'un thérapeute dans la préparation du sujet SDNV à la vie d'adulte.

Vous souhaitez en connaître davantage sur le SDNV, n'hésitez pas à nous contacter.

dimanche 29 mars 2015

La douance, vous connaissez ?

Qu'est-ce que la douance ?

La douance intellectuelle, ou haut potentiel, sont les termes officiels de l'expression populaire "surdoué". Un enfant est dit doué quand il a un rythme de développement intellectuel très supérieur à celui normal de son âge, alors que son développement affectif et relationnel correspondent aux normes de son âge.

Pourquoi évaluer la douance ?
Si un enfant est doué, il faudra en tenir compte non seulement dans son éducation, mais dans son développement affectif et émotionnel. Il faut aussi vérifier si cette douance accompagne un trouble du spectre de l'autisme, par exemple.

Les manifestations

  • Curiosité et soif d'apprendre, posent beaucoup de questions, sont capables d'acquérir des connaissances par leurs propres moyens
  • Perfectionnisme, besoin profond de bien faire avec exactitude
  • Peu d'estime en lui à cause des difficultés rencontrées
  • Peur de lui-même, de ce qu'il est, des conséquences de ses pensées et émotions débordantes
  • Conscience méta-cognitive (savent identifier et réutiliser des concepts et des stratégies qu'ils emploient pour résoudre des problèmes)
  • Intérêt atteignant parfois momentanément un niveau obsessionnel pour certains sujets
  • Apprentissage précoce de la lecture, parfois sans aide extérieure
  • Hypersensibilité (souvent invisible de l'extérieur (cf dyssynchronie interne))
  • Altruisme, besoin intime d'aider les autres (qui les pousse parfois vers les professions du domaine de la santé ou de la justice)
  • Tempérament solitaire, tendance à somatiser face aux incompréhensions et aux difficultés,
  • Langage soutenu qu'il adoptera au cours de sa propre éducation
  • Sens de la justice
  • Supporte difficilement l'échec
  • Grande capacité d'attention
  • Maturité intellectuelle supérieure à celle des enfants de leur âge (dyssynchronie externe)
  • Affectivité et/ou développement psycho-moteur parfois en décalage avec la maturité intellectuelle (difficultés en écriture, difficulté de diction) : dyssynchronie interne
  • Sens de l'humour (notamment l'ironie)
  • Sensibilité à l'harmonie (musique, esthétique)
  • Capacité de mémorisation importante
  • Capacité à suivre une conversation ou un exposé en faisant autre chose
  • Très grande facilité à justifier ses comportements a posteriori
  • Difficulté à prendre des décisions si confronté à un problème ne pouvant être résolu uniquement par la logique (ex: problème sentimental, émotionnel)
  • Pensée en "arborescence", ses idées déclinent en une multitude d'autres idées en provenance d'un point commun entre elles. Créant une pensée riche mais au-delà de la concentration.
Vous pensez que votre enfant est doué ? Une évaluation neuropsychologique pourrait vous donner un portrait des possibilités de votre enfant. Voici le déroulement d'une évaluation :
  1. Un contact initial et prise des rendez-vous (par téléphone);
  2. Des entrevues d'évaluation qui durent en moyenne 5 à 6 heures réparties sur 2 séances;
  3. Divers questionnaires à remplir par les parents;
  4. Une rédaction de rapport, comportant les résultats détaillés de l'évaluation, les conclusions et les recommandations qui en découlent;
  5. Une entrevue bilan avec les parents d'une durée de 1h30 à 2h (3 à 4 semaines suivant le second rendez-vous d'évaluation).
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